ASK21 AEROGLIDE ½.5
Textes, photos, réalisation par : Janick MILLET
Un jour, un modèle vous ‘ tape à l’œil ‘ comme l’on dit,
on ne sait pas pourquoi mais il se passe quelque chose en vous, vous
trouvez qu’un modèle est superbe alors que d’autres le trouvent
laid ou restent indifférents. Ce phénomène a agit sur moi
avec 2 modèles : le Pitts S1 et l’ASK 21.
Notre club s’étant orienté ces derniers temps sur l’activité planeur
(merci Bruno) c’est l’ASK 21 qui fut choisi, pour le gros Pitts,
on verrait un peu plus tard….
Connaissant les compétences d’Hubert IMBACH de la société AEROGLIDE
Rosenthal en matière de grands planeurs, c’est tout naturellement
vers lui que je me suis tourné.
Contacts téléphoniques, consultation de la banquière,
un chèque de réservation et la commande est passée. Les
délais prévus sont respectés et, c’est début
décembre que je partais chercher le fuseau.
Les ailes seront commandées ce jour là. Prévoyez 8 à 10
semaines de délais pour ce type de modèles et un grand véhicule.
La construction pouvait enfin commencer.
Un peu d’histoire :
Le 1ier proto a vu le jour en fin d’année 1977 en remplacement
de l’ASK13 dont la production avait pris fin en début de cette
même année.
Créé par Rudolf KAISER ce proto avait les ailes en composite
et le fuselage en tubes d’acier entoilés, la finesse était
de 34. La clientèle s’étant tournée définitivement
vers le tout plastique suite aux sorties des nouveaux biplaces Grob entre autres,
le fuseau tube fut abandonné au profit d’un modèle tout
composite.
La Construction du nouveau proto fut retardé jusqu’à fin
1978, Schleicher ayant mis à cette époque la priorité sur son monoplace ASW20.
Le nouveau proto version plastique du 21 immatriculé D-1521 fit son
1ier vol le 6 février 1979 à la Wasserkuppe.
Sa réputation n’est plus à faire avec déjà 750 exemplaires produits.
Le kit :
Le fuselage réalisé à partir du moule conçu en
1989 par Philippe HARTER est bien sur en fibre de verre avec renforts en carbone,
la partie arrière est constitué d’un sandwich fibre /dépron
/fibre, le tout est très résistant pour un poids à nu de 4kg environ.
Pour les ailes j’ai choisi une version ‘voltige’, la totalité de
la surface étant couverte de fibre de verre et fibre de carbone, plus
des renforts en mèches de carbone placé aux bons endroits puis
coffré abachi pas de soucis dans les ressources !
Poids : 6kg/pièce servos en place.
Les coffrages ailes et stab sont poncés, prêt à être
entoilées, AF en place, le tout est parfaitement réalisé.
Caractéristiques :
Réel :
Modèle :
Echelle : 1/2.5
Envergure : 6.8 mètres
Surface ailes : 2.87m²
Corde : 59.5cm/ 41cm/ 21cm.
Longueur du fuselage : 3.4 mètres
Poids annoncé: 22/25kg (réel : 24.6kg)
CG : à 17cm du bord d’attaque (pour les 1iers vols)
Profil : FX idem grandeur
Options : Tout est possible ou presque, contacter Aéroglide (et la
banquière) pour l’avancement de la construction, personnellement,
je n’ai pris que les vérins d’ouverture verrières,
les gouvernes en demi-rond, les amortisseurs du train principal et j’ai également
choisi les ailes entoilées en vinyle.
Bref, vous avez la possibilité de prendre le kit de base ou de repartir
avec le modèle prêt à voler.
La construction :
Vous aurez compris que ce modèle s’adresse aux modélistes
ayant déjà une certaine expérience de la construction,
je me contenterais donc de vous rapportez uniquement les principales étapes
de la construction, chacun ayant ses propres techniques et méthodes de travail.
Le fuselage :
J’ai commencé par découper les couples qui supportent
le train principal, Hubert n’ayant calqué les couples, le travail
n’en était que plus facile.
Les 2 couples de support de train ont été réalisées
en sandwich ctp de 8mm/fibre de verre/ctp de 2mm collés à l’époxy
sous presse.
Le train est composé de 3 roues : diam 110mm à l’avant,
150mm au train central et 45mm pour la queue,(certains ASK grandeur ont un
patin à la place de la roulette de queue).
J’ai choisi d’amortir le train principal, ceci nécessitant deux amortisseurs de 40kg chacun.
Les couples ne seront collés qu’après mise en place du
tube de clé d’ailes, un des couples étant positionné sous la clé pour renforcer le tout.
Ensuite collage du crochet de remorquage à l’époxy +
microballon et découpe de la platine avant.
Cette platine supporte le servo du crochet (Hitec numérique HS5745MG
de 18kg de couple) ainsi que le support de la Power box.
Un couple en Ctp de 8mm à également été placé au
pied de bord d’attaque de la dérive de façon à éviter
le flutter du stab à grande vitesse.
Tous les couples sont collés à la colle Sikaflex-221 puis renforcé en
tissu de verre de et mèches de carbone.
Point un peu plus délicat, la fixation des cadres de verrières,
Aéroglide propose deux pièces spécifiques avec vérins
reproduisant la cinétique d’ouverture des cockpits, personnellement
j’ai choisi cette option par gain de temps et par réalisme.
Bien entendu une attention particulière est nécessaire pour monter
l’ensemble cadres/vérins « à blanc » avant
collage définitif de façon obtenir des raccords parfaits avec le fuselage.
Pour permettre leur démontage, les vérins sont vissés
sur des platines en CTP collées sur le fuseau à l’époxy
et micro ballon.
La commande de verrouillage peut être mise en place, les tirettes du
poste avant sont placées discrètement sous l’aile, celle
du poste arrière sont quant à elle à l’intérieur,
ce qui oblige à ouvrir l’avant pour permettre l’ouverture
de l’arrière, mais ce n’est pas un problème en soi.
Les empennages :
Avant de coller l’âme de dérive il faudra passer
les câbles électriques
de bonne section (3 X 0.5mm²) du fait des grandes longueurs pour alimenter
les servos, une trentaine de mètre de câbles ont été nécessaire.
Ce n’est pas moins de 4 câbles qui traversent le fuselage, 2 pour
la dérive et 2 pour la profondeur, un câble par servo, le tout
alimenté séparément par la Power Box. Pour un bon maintien
, les câbles passent dans un tube d’électricien de diam.
16mm collé au fuselage avec époxy et fibre de verre.
Le sommet de dérive est équipé d’une prise informatique
pour faciliter le branchement des 2 servos du stabilisateur.
Le V longitudinal est réglé à 2°.
La dérive ainsi que le stab sont également entoilés au
vinyle, concernant les gouvernes, j’ai choisi l’option demi rond,
c’est une affaire de gout, la version d’origine étant prévue
avec tissu d’arrachage. Toutes les gouvernes sont commandées par
des chapes à rotules et double guignols le tout relié aux servos
par de la tige fileté de M3, ce système a été retenu
pour l’ensemble des gouvernes.
Les 2 servos de dérive sont montés en tandem sur une platine
qui se glisse dans l’empennage vertical, la possibilité de maintenance
est ainsi préservée. Le volet de profondeur est commandé également
par 2 servos fixés directement sur leurs trappes.
Les débattements et courses des servos (Hitec HS-5645MG) ont été préalablement
réglés à l’aide du module de programmation du fabriquant
pour permettre un fonctionnement fiable et sans effort.
Les ailes :
Le délai de livraison des ailes arrivant à terme, un second
voyage en Alsace est programmé, on en profite pour emmener quelques
amis du club, histoire de commander par exemple un ASW15, (n’est ce pas
Bruno ?) ou tout simplement pour profiter des nombreux conseils d’Hubert,
la source étant intarissable.
Avec une longueur de 3.20m par plume, il ne faut pas venir les chercher avec
un coupé sport sinon vous allez avoir des surprises, on est d’ailleurs
surpris par la taille la première fois qu’on les découvre,
c’est imposant, très imposant….
Pour info : corde à l’emplanture 59.5cm, corde au saumon 21cm
et épaisseur max de 10cm !!
La qualité est parfaite, les charnières et axes d’ailerons
sont en place. Sous les 3 trappes à l’intrados nous trouvons les
logements des servos ainsi que les cordelettes prévues pour passer les
câbles électriques.
Le fourreau recevant la clef d’aile en carbone de diamètre 30mm
est également collé en place, la construction est très
soignée.
Vous pouvez choisir 1 ou 2 servos par ailerons, personnellement j’ai
retenu la seconde solution avec 2 HS 5645MG par gouvernes, mais un servo de
20kg pourrait parfaitement convenir.
Les aérofreins de taille respectable (60cm) déjà en place
sont quand à eux commandés par des 645MG.
Le verrouillage des ailes est assuré par un système automatique
commercialisé par Aéroglide placé en avant de la clef
d’aile, mais suite aux premiers vols j’ai préféré ajouté un
système purement mécanique avec tendeur sur la partie arrière
de la corde car j’ai remarqué à cet endroit que les ailes
s’écartaient légèrement du fuseau. Cette double
sécurité me permet d’attaquer les figures de voltige plus
sereinement.
Petite modification, j’ai passé une paire de fils de servo supplémentaire
pour alimenter des allumeurs électrique de fumigènes.
Les saumons sont tronqués mais il est tout à fait possible d’installer
des saumons maquette commercialisés également par Aéroglide.
Le poids d’une plume équipée et entoilée au vinyle
approche les 6 kg.
Mise en croix :
Cette opération demande bien entendu un minimum de précision,
la ligne de vol vous en sera reconnaissante.
La neige présente dans notre belle région du Haut Doubs à ce
moment des travaux m’a obligé de réaliser la mise en croix
dans le séjour bien au chaud ! Prévoyez de la place….
Après perçage du fuseau à l’emplacement du fourreau
de clef d’aile, j’ai réalisé un premier montage à blanc.
Pour la mise en croix d’un gros modèle il est préférable
d’être deux, et c’est m’on ami Éric qui est
venu prêter main forte pour cette opération, et également
apporter son expérience tout au long de la construction, son aide m’aura été très
précieuse.
De face la symétrie à été ajustée par un
laser en croix en prenant l’axe de dérive comme référence.
De dessus c’est la mesure du pied de dérive au bord de fuite du
saumon qui a permis de vérifier la bonne géométrie déjà dicté par
l’ajustement de la nervure d’emplanture sur le fuseau.
La phase suivante consiste à faire un collage de positionnement
‘léger’ à l’époxy
du tube de clé d’aile. Après séchage, démontage
des ailes avec précaution.
A ce moment peuvent être collé (à la Sikaflex-221)les couples
de support du train , le couple avant venant juste en dessous du fourreau,
puis fibre et résine pour rendre l’ensemble solidaire, les vérins
d’amortisseurs étant fixés sur ce couple avant, tous les
efforts en cas d’atterrissages un peu durs seront transmis sur la clef
d’aile.
Toute la partie en alu du train à été découpé par
Alain au laser, un vrai travail de pro, nous avons de la chance au club, tous
les corps de métier sont représenté, çà aide.
Ensuite collage définitif du fourreau sur le fuselage avec fibre et
renforts carbone.
Electronique :
Le modèle reste en catégorie A (- de 25kg) mais la sécurité sur
un tel modèle ne doit pas être négligée. Elle a
donc été confiée à la POWER BOX Evolution alimenté par
2 batteries LiPo 7.4v 4000mAh et au récepteur FUTABA R6014 FS 2.4ghz.
J’ai choisi la technologie 2.4 pour deux raisons, par sécurité bien
sur, mais également pour pouvoir voler plus facilement lors des rencontres,
quel confort de ne pas attendre des heures que votre fréquence se libère.
Pour info: J’utilise la Power Box et le 2.4 ghz Futaba depuis un an en
usage intensif sur mon remorqueur (Décathlon 3m 100cc) sans avoir subit
un seul top.
Pour l’ASK21 un essai de porté à été réalisé au
sol à plus de 1300 m sans un grésillement sur les servos.
L’émetteur utilisé est le FUTABA FF10.
Finition :
Comme cité précédemment les ailes, empennages et dérive
sont entoilées au vinyle.
La déco perso est également réalisée en vinyle
Préparé par Hubert.
Les coussins de sièges ont été confectionnés par
Sophie ‘notre’ pilote planeur au féminin, merci Sophie.
Le tableau de bord est provisoire mais sera certainement remplacé prochainement
par un modèle Axel.
Le fuselage est peint d’une fine couche au pistolet (merci à Olivier
et Antony), attention car la surface importante du fuseau pourrait en cas de
surcharge de peinture vous obliger à ajouter plus de 500g de lest dans
le nez faisant passer le modèle en Cat B donc méfiance.
Le poids en ordre de vol arrive à 24kg600 donc peut de marge, l’aménagement
cabine et un second pilote m’obligeraient à déplacer les
servos de direction sur l’avant pour diminuer un peu le lest, si vous
désirez réaliser un aménagement maquette prenez d’avance
ces éléments en compte.
Le Centrage avant des vols d’essai (17 cm du BA) nécessite la
présence de plus 2kg de plomb dans le nez.
En vol :
Le premier a eu lieu début juillet sur
la piste en herbe de l’ABMC par vent calme en présence restreinte
de modélistes pour
limiter la pression…. Un pilote remorqueur et un photographe.
Le remorqueur de confiance fut Eric, mon fidèle compère avec
son Sportman Fliegerland de 3.6m équipé d’un 3W 157, il
est préférable d’avoir une réserve de puissance
pour s’aventurer sans crainte vers cette nouvelle expérience.
Montage du modèle, photos habituelles, test de porté, check list,
tout est OK on accroche le câble et déjà une surprise,
face au vent faible, il tient déjà seul, ailes à plat,
juste par quelques corrections aux ailerons….çà met tout
de suite en confiance.
Dernière vérifications des sens de débattement, stupide
puisque c’était correct il y a 30 secondes mais bon çà ne
se discute pas !
Un doigt sur le bouton de largage (au cas où), un signe OK de la tête,
je suis confiant, le Sportman lâche tous ses chevaux et après
seulement une vingtaine de mètres de roulage l’attelage est en
l’air, fantastique, aucune correction aux manches, il file sur des rails
au bout de son câble, juste à tenir les ailes à plat et
se laisser monter en altitude.
A altitude raisonnable, largage sans problème et là il prend
naturellement une vitesse de vol semblant étonnamment lente, de suite
je test le décrochage face au vent, il descend à plat nez légèrement
en l’air, bon, pas vicieux du tout le bestiau.
Deuxième test : sotie des AF, pas d’effet secondaire c’est
parfait pour appréhender sereinement l’atterrissage, mais pour
l’instant, savourons ce grand moment de bonheur, virage pour simuler
l’accroche d’une pompe, le photographe mitraille tout se qu’il
peut pour immortaliser l’instant, c’est mou aux ailerons mais c’est
normal vu le centrage choisi, sinon la profondeur est tout de même agréable
aux débattements préconisés.
Pas de pompe, ou peut être l’émotion du pilote ! il est
temps de faire la prise de terrain avec une altitude suffisante (pour les passages,
on verra un peu plus tard), étape de base, dernier virage, finale, un
peut d’AF et le 21 se pose en douceur à mi piste, quel bonheur,
je n’imaginait même pas connaitre un tel plaisir en aéromodélisme,
je suis comblé….
Deux autres vols suivront dans les mêmes conditions, pour valider, et
surtout pour le plaisir de le piloter, puis il est temps d’aller arroser çà avec
l’apéro local.
Le lendemain ce ne sont pas moins d’une dizaine de vols qui seront
réalisés,
et les premières figures de voltige seront testées.
On pousse un peu sur la profondeur et là on ressent une impression de
puissance énorme, çà accélère très
fort et çà restitue fort également, la montée en
boucle est ample est réaliste, on pousse légèrement au
sommet puis l’ASK reprend toute son énergie dans la descente pour la figure suivante.
Le tonneau barrique fort mais ce n’est pas une surprise vu le centrage
très avant.
Le renversement c’est transformé en cloche, oups, il faut en fait
prendre suffisamment de badin et botter assez tôt pour éviter
ce désagrément, ceci dit la cloche était presque parfaite…..et
la planeur solide !
Toujours autant de plaisir à l’atterrissage, les AF sont hyper
efficaces et le train amorti rempli pleinement sa mission, le toucher est un
régal mais la précision de la profondeur n’y est pas étrangère.
Depuis ces premiers vols, j’ai déjà retiré 300grs
de lest ce qui rend les ailerons plus agréables
Le profil (FX) est très à l’aise dans les thermiques et
les prises d’altitude sont un véritable régale.
L’ASK a volé à plusieurs reprises aux rencontres de Colmar
et Eauze avec toujours autant de plaisir pour son pilote.
En conclusion :
l’ASK 21 à cette échelle m’a réellement comblé,
le montage n’est pas insurmontable pour celui qui a déjà une
solide expérience de la construction , pour un premier planeur de grande
taille, il est parfait, je pensais que chaque vol serait une « expédition » et
en fait, la seul contrainte qu’il y ait et la nécessité d’avoir
la présence d’un remorqueur suffisamment puissant (au moins 80 à 100cc).
En un mot c’est du BONHEUR, le réalisme en vol est bluffant.
Si vous désirez franchir le pas grand planeur, je ne peux que vous conseiller
l’ASK21 mais bien sur c’est aussi une affaire de look.
Vous pouvez me contacter pour plus de détails sur le site de notre club:
The-Wings
J’en profite pour remercier : Véronique mon épouse pour
son soutien, Sophie, Eric, Bruno, Olivier, Anthony et Alain pour leur précieuse
aide.
Encore un grand merci à ce passionné de grandes plumes, Hubert
Himbach qui m’a permis, et permettra encore de par ses compétences, à beaucoup
de modélistes, de pratiquer le planeur grand modèle.
Janick MILLET